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Bataille de Solférino: la nuit sera-t-elle Royal? 

2008-11-20 23:34

Gérald Andrieu - PARTIS


NaN Mo
Ségolène, Martine, Benoît. Ils sont trois. Après des mois d'entraînement, ils sont enfin lâchés. Qui l'emportera? Pour l'instant, l'avantage est à Ségolène.
Bataille de Solférino: la nuit sera-t-elle Royal?
00 h 30, dans un couloir de Solférino
Razzy Hammadi, le bras droit de Benoît Hamon, lui non plus ne joue pas les bavards. « C'est par respect pour le vote des militants. Pour l'instant il y a 97 000 voix enregistrées. Les grosses fédérations ne sont pas tombées. » Et d'ajouter sur le ton de la plaisanterie : « En tout cas, il y aura un deuxième tour ! » Mais Razzy Hammadi reprend vite son sérieux : « Benoît donnera une consigne dès ce soir. On a toujours été clair... »


23 heures 30

Les premières estimations viennent de tomber, sur la chaîne Public Sénat
Royal: 40%
Aubry: 37%
Hamon: 23%
Dans la cour intérieure de Solférino cependant, on ne se risque pas à donner le moindre chiffre : « Les grosses fédérations ne sont pas encore tombées », prévient d'entrée de jeu François Lamy. D'une fédé à l'autre, la dame du Poitou compterait de 3 à 10 points d'avance sur sa concurrente de Lille. De là à donner des chiffres, François Lamy préfère passer son tour. Mais apparemment les voix de Bertrand Delanoë se seraient divisées de la sorte : 2/3 en faveur de Martine Aubry et 1/3 pour Ségolène Royal. L'ambiance est morne, étonnamment calme. Mais au PS, ça ne signifie pas grand chose. A suivre…


Article actualisé à 0h33 le 21 novembre 2008

PS : Royal loupe son train mais les militants ne loupent pas les urnes 

2008-11-20 21:47

Stéphanie Marteau - PARTIS


NaN Mo
Les premiers bruits de couloirs laissent entendre que la participation des militants socialistes a été plus importante que le lors de la dernière consultation. Les fameux « adhérents à 20 euros » se seraient plus mobilisés. Avantage Royal et Hamon ?
PS : Royal loupe son train mais les militants ne loupent pas les urnes
Ségolène Royal, qui devait rencontrer la presse ce soir lors d'une contre-soirée organisée en marge du traditionnel briefing au siège du Parti socialiste, rue de Solférino, a raté son train. La candidate est coincée à Poitiers après un après-midi passé dans son fief de Melle, où elle a voté. Manuel Valls et Vincent Peillon seront donc les principaux animateurs de la soirée.

A 21 h30, l'ambiance est détendue au Café du Trésor, dans le 4e arrondissement de Paris, où Sophie Bouchet-Petersen, conseillère de Ségolène Royal, confirme que le taux de participation est en hausse par rapport au vote du 6 novembre (56%). Un proche de Benoît Hamon ajoute, depuis Marseille, qu'« on observe une forte augmentation des adhérents à 20 euros », ce qui favoriserait d'après Sophie Bouchet-Petersen, « les candidats qui incarnent le renouvellement ».

Dassault et Le Figaro unis dans leur combat pour la retraite à 65 ans 

2008-11-20 16:44

Régis Soubrouillard - MON ŒIL !


NaN Mo
L'avionneur Serge Dassault a été chaleureusement remercié par le président de l'association PNT 65, favorable à la retraite à 65 ans pour les pilotes de ligne. Une proximité de point de vue qui en dit un peu plus sur le matraquage à sens unique du Figaro sur le sujet.
Dassault et Le Figaro unis dans leur combat pour la retraite à 65 ans
Ce matin, Jean Serrat, président de l’Association PNT 65, une association de pilotes de ligne favorable à la retraite à 65 ans, envoyait aux rédactions un communiqué de presse débutant par ces mots :

«Merci à tous nos députés et Sénateurs,
Enfin l’âge couperet des pilotes disparaît.
Après l’Assemblée Nationale, la Haute Assemblée a voté hier soir les amendements 517 et 518 soutenus par Monsieur le Ministre, Xavier Bertrand.
C’est la grande victoire de « l’intérêt collectif » sur « l’égoïsme individuel »


La retraite à 65 ans: une grande avancée sociale
Comme aux victoires de la musique, Jean Serrat remercie ceux qui l’ont aidé à conquérir ce « trophée social ».
« Notre Association veut ici remercier publiquement Jacques Myard et Georges Tron, nos deux Députés qui se sont battus à nos côtés depuis des années. Rien n’eut été possible sans leur engagement ».

Le communiqué évoque une « grande avancée sociale, qui va dans le sens de la liberté d’exercer sa passion, de l’allègement des charges sur nos entreprises et donc de la compétitivité de nos Compagnies aériennes Françaises ».
Emporté par son élan, Jean Serrat précise qu’il tenait bien le stylo du législateur puisqu'« il a participé de très près à la rédaction des amendements présentés au Sénat ».

Merci Serge Dassault, Merci Le Figaro ?
Les remerciements reprennent : « Notre Association tient à remercier ceux qui se sont engagés de manière très active pour faire de ce vote un moment historique ». Suit une liste de noms de sénateurs et députés particulièrement concernés par ce combat. Parmi lesquels Serge Dassault, le patron du Figaro et président d’honneur de Dassault Aviation.

L’investissement de l’intéressé en dit un peu plus sur le traitement de la retraite à 65 ans des pilotes de ligne par le Figaro. Pendant plusieurs jours, le journal s’est fait le porte-voix de la direction d’Air France.  Le 13 novembre, Le Figaro donnait ainsi la parole au PDG d’Air France-KLM, en répercutant ses propos tenus lors d’une conférence téléphonique . Jean Cyril-Spinetta évoquait «une grève et un débat inutiles».
D’autant plus inutiles que, pour faire face à la crise, le groupe compte « alléger ses effectifs par le biais des départs en retraite »selon les déclarations à l'AFP du même Spinetta quelques jours plus tard . A n’y rien comprendre.

Un impact dramatique pour le transport aérien français
Le Figaro
ne faisait en revanche aucune mention des commentaires de syndicats de pilotes. Le lendemain, le Figaro consacrait un article de plus de 4.000 signes aux moyens pour les passagers d’échapper à la grève : sites internet d’informations, cellule de crise, numéros de téléphone, dispositifs de remboursement, d’hébergement, moyens de transport de substitution. Tout y est passé.

Le même jour, un autre article revenait sur les raisons de la grève : « Avec un vol sur deux en long comme en moyen-courrier, les passagers d'Air France sont les pions de la nouvelle loterie créée par les syndicats français de pilotes.(…) L'enjeu de ce conflit - la retraite des pilotes - n'est en réalité pas très clair. Ce qui est clair, en revanche, c'est son impact dramatique pour le transport aérien français qui doit affronter la crise économique. Le manque à gagner pour Air France sera de l'ordre de 100 millions d'euros. Soit le tiers du prix d'un Boeing 777 ».
 
Une grève estimée à 100 millions d'euros, à 50 millions près...
Des passagers réduits au statut de pions d’une loterie, un enjeu pas très clair, un impact dramatique et un coût global qui représente le tiers du prix d’un boeing 777.
Selon Pierre-Henri Gourgeon, directeur général délégué d'Air France-KLM, la grève aura finalement coûté entre « 40 et 50 millions d’euros », soit 15% du même boeing 777. Le Figaro a cependant continué à planer puisque le chiffre de 100 millions a quand même été repris par Marc Landré, sur son blog d’actualité sociale, dans un billet sobrement intitulé « Messieurs les nantis pilotes... ».

« Un comble donc que cette grève qui démarre vendredi et qui va clouer au sol 50% des avions de la compagnie pendant 4 jours simplement parce que le gouvernement a décidé de reculer de 5 ans (à 65 ans) la mise à la retraite d'office des pilotes d'Air France » écrit le journaliste, clôturant ainsi un somptueux  exercice de matraquage qui aura, sans nul doute, beaucoup plu au grand patron du Figaro.

65 ans et toutes ses dents ?
Les pilotes de ligne qui émargent à plus de 10.000 euros par mois en fin de carrière ne feront pas pleurer grand monde sur leur sort. Reste que selon une étude de la revue scientifique Lancet, en France l’espérance de vie en bonne santé -sans incapacités-  est de…68 ans. Il est temps d’atterrir.


Royal se prend pour Obama 

2008-11-20 16:06

Gérald Andrieu - PARTIS


NaN Mo
Lors de son dernier meeting parisien au gymnase Japy, Ségolène Royal a fait sien le discours de deux penseurs très en vogue en ce moment : Obama et Zola ! Qui a dit plagiat ?
Royal se prend pour Obama

Julien Dray le répète à qui veut l'entendre : l’équipe de Barack Obama aurait pris contact avec celle de Ségolène Royal lors de la dernière campagne présidentielle française pour observer sa stratégie. Et puis finalement ça ne se serait pas fait. Intox visant à surfer sur la victoire du candidat démocrate ? Ce qui est sûr en tout cas c’est que la prétendante à la succession de François Hollande a étudié de près les discours de Barack. Pour en retenir quoi ? Le fameux slogan « Yes we can » (« Oui, nous pouvons »). Et le très volontaire « Yes we can », une fois mis à la sauce Ségolène, ça donne le très incantatoire « Oui, nous voulons » (« Yes we want »*) !


Hier soir à Paris, pour son dernier meeting avant le vote des militants socialistes , la candidate n’a eu de cesse d’utiliser sa botte secrète venue tout droit du fin fond de l’Illinois : « Je vous le demande : oui ou non, voulons-nous écrire ensemble une nouvelle page de notre histoire vibrante et populaire, le voulez-vous ? […] Voulons-nous bâtir ensemble le socialisme du XXIe siècle, le voulez-vous ? […] Voulez-vous que notre parti  s’ouvre à toutes les diversités et devienne meilleur que la société qu’il prétend transformer ? »


Et la foule de répondre « oui » à chacune de ces questions dans un grand élan qui n’aurait pas été pour déplaire à Henri Emmanuelli qui avait vu dans la « Rencontre de la fraternité » au Zénith de Paris « un rassemblement de secte ». 


Des économistes lancent un appel en faveur de la candidature de Benoît Hamon 

2008-11-20 10:10

Les signataires - TRIBUNES


NaN Mo
Pour eux, le prochain secrétaire du Parti Socialiste, c'est lui. Des économistes apportent leur soutien à Benoît Hamon : il serait le seul à réaliser le bon diagnostic à propos de la crise actuelle, ouvrant de «nouvelles voies». Voici leur appel.
Des économistes lancent un appel en faveur de la candidature de Benoît Hamon
L’économie subit sa plus grave crise depuis 1929. Les pistes que notre pays empruntera pour en sortir dépendront avant tout des choix politiques qui seront réalisés. C’est pourquoi, en tant qu’économistes, quelles que soient nos appartenances politiques, nous ne sommes pas indifférents à l’issue des débats internes qui se mènent  au sein du principal parti d’opposition.

Nous sommes conscients que ce dernier jouera un rôle décisif dans la constitution dans une alternance capable de déboucher sur une alternative réelle. Pour se faire, le Parti Socialiste devra tirer un bilan sans concession des politiques menées depuis plus de deux décennies.

Au cours de cette période, la financiarisation de l’économie, la déréglementation bancaire, le libre-échange incontrôlé, l’ouverture à la concurrence dans les secteurs de service public, les soi-disant réformes structurelles du marché du travail et les politiques macroéconomiques conduites ont creusé les inégalités et se sont avérées incapables d’assurer le plein-emploi.

Ces politiques ont, au contraire, abouti à une détérioration constante de la situation du plus grand nombre. Elles ont, de reniements en reniements, conforté les discours sécuritaires et identitaires. Il convient donc, dès maintenant, de penser la politique nécessaire pour assurer la transition vers un nouveau modèle de croissance et de développement.

Les réflexions économiques des candidats à la direction du Parti Socialiste laissent présager de la politique qui sera menée. A cet égard, les chantiers que propose de creuser Benoît Hamon ouvrent des voies nouvelles et pertinentes dans le contexte actuel.

Parmi ceux-ci, l’entrée de l’Etat dans le capital des banques recapitalisées est nécessaire pour contrôler, consolider et étendre la sphère du pôle public financier pour reconstruire les conditions de stabilité et d’efficacité du mécanisme du crédit. Ceci doit aussi se faire dans le cadre d’un redéploiement de la politique industrielle qui assume pleinement les responsabilités de l’État comme organisateur, comme initiateur, mais aussi le cas échéant comme producteur.

Les services publics doivent être le modèle de référence de la gestion des biens collectifs. Le système fiscal doit être rendu plus redistributif pour éviter que l’effort de financement de l’action publique ne pèse avant tout sur les classes moyennes et modestes qui subissent la crise du pouvoir d’achat. Ceci implique un contrôle sur les mouvements financiers afin de pénaliser les pratiques d’évasion et de concurrence fiscale qui sont les moyens que les plus riches se donnent pour se soustraire à la loi commune et violer ainsi les principes de la décision démocratique.

La puissance publique doit organiser, avec les partenaires sociaux, l’indexation des salaires sur l’inflation et les gains de productivité. L’extension de l’assiette des cotisations sociales doit être privilégiée, comme alternative au recul de l’âge de la retraite pour préserver le système par répartition. La progressivité et la modulation de l’impôt sur les sociétés doit permettre de taxer la rente et de favoriser les entreprises qui investissent et qui créent des emplois. On ne saurait tolérer plus avant les pratiques de dumping fiscal, social et écologique que l’on constate hors mais aussi dans l’Union Européenne et qui aboutissent, par le biais du libre-échange, à défaire de l’extérieur ce qui a été construit à l’intérieur.

Des protections sont donc nécessaires et seront à mettre en place, notamment par l’activation du principe de préférence communautaire, pour mettre fin à la déflation salariale et garantir les normes sociales et écologiques contre le libre-échange. Un véritable New Deal doit être élaboré pour sortir l’Europe de la récession. Pour cela, l’Europe doit pouvoir lever l’emprunt. Le pacte de stabilité doit être définitivement abandonné. Les statuts de la Banque Centrale Européenne (BCE) doivent être refondés pour permettre une politique monétaire faisant du plein emploi et de la stabilité du système financiers des objectifs à part égal avec la stabilité des prix. L’action de la BCE doit être intégrée dans une logique de politique économique globale, à l’inverse du dogme d’indépendance qui n’est ni fondé en théorie, ni désormais applicable en pratique.

La candidature de Benoît Hamon a d’ores et déjà permis de réhabiliter de nombreux débats interdits de politique économique. Il est temps de les aborder de front, car la poursuite d’une stratégie consistant à amender à la marge le modèle de croissance néo-libéral se trouverait décalée vis-à-vis des défis qu’il faut relever en ce moment-charnière pour élaborer un programme de sortie de crise.
 

Premiers signataires : Bruno Amable (Université de Paris 1), Angel Asensio (Université de Paris 13), Liêm Hoang-Ngoc (Université de Paris 1), Thierry Kirat (Université de Paris 9, CNRS), Dany Lang (Université de Paris 13), Jérôme Maucourant (Université de Saint-Etienne), Jean-Marie Monnier (Université de Paris 1), Stefano Palombarini (Université de Paris 8), Véronique Parel (Université de Paris 1), Bernard Paulré (Université de Paris 1), Muriel Pucci (Université de Paris 1), Nathalie Rey (Université de Paris 13), Michel Rocca (Université de Grenoble 2), Jacques Sapir (EHESS), Richard Sobel (Université de Lille 1), Damien Sauze (Université de Bourgogne), Patrick Ternaux (Université de Grenoble 2), Nadine Thévenot (Université de Paris 1), Bruno Tinel (Université de Paris 1), Stéphane Tizio (Université de Bourgogne), Julie Valentin (Université de Paris 1), Franck Van de Velde (Université de Lille 1).

Libé appelle Obama au secours pour relancer ses abonnements 

2008-11-20 08:36

Régis Soubrouillard - MON ŒIL !


NaN Mo
«Agent Obama, en complément de vos activités annexes de bienfaiteur de l’humanité, votre mission, si vous l’acceptez consiste à relancer les abonnements au journal Libération ». Jouer du marketing Obama, c’est la dernière trouvaille des créatifs de Libé pour faire repartir les abonnements au journal.
Libé appelle Obama au secours pour relancer ses abonnements
Est-ce du second degré ? Le doute s’installe à voir la dernière campagne d’abonnement lancé par le quotidien Libération : «Nous y voilà. Avec l’élection à la présidence de Barack Obama, demain c’est aujourd’hui ! Une nouvelle ère commence pour les Etats-Unis et pour le monde. Pour suivre cette évolution qui nous concerne tous abonnez-vous en téléphonant au… ».

Obama, instrument de marketing
Une deuxième lecture plus attentive s’impose pour évacuer les derniers doutes. L’inéluctable plongée dans l’irrationnel continue donc: Obama n’est pas seulement investi de l’auguste mission de relancer l’économie, changer le monde, sauver la planète, arrêter les guerres et redonner du baume au cœur des ours polaires  entre deux footings –plus tard les historiens se pencheront sans doute sur cette addiction  à une activité aussi barbante de la part des politiques de ce début de siècle. Voilà donc le nouveau président des Etats-Unis également transformé en instrument de marketing.

Obama aura déjà beaucoup à faire avec la presse américaine qui traverse, elle aussi, une période difficile et dont une partie demande aux démocrates un plan d’urgence sur le modèle de celui mis en place pour l’industrie automobile.

Obama: Sauver le monde, l'humanité et...Libération
Pourtant rien ne dit que le directeur exécutif d’Obama Inc. en a les compétences. Il n'a rien pu faire pour Laurence Ferrari. Autant il fut candidat à ses risques et périls à la Maison Blanche, conscient des problèmes qui l’attendait, il n’a en revanche rien demandé pour ce qui concerne la lourde tâche de relancer les  abonnements de Libération qui s’approprie ainsi l’image de l’universel bienfaiteur.

Obama ne pourra pas tout mais il subsiste une certaine cohérence:  changer le monde, sauver l'humanité et relancer Libération. C'est toujours ici de presse dont il est question.


PS: pire que l'alliance, l'ouverture 

2008-11-20 08:24

Gérald Andrieu - PARTIS


NaN Mo
S'allier avec le Modem ou ne pas s'allier, telle a été la question qui a focalisé toute l'attention des socialistes. Et si le vrai débat devait porter sur une autre alliance, celle qu'instaure l'ouverture sarkozyste et qui ronge le PS de l'intérieur ?
PS: pire que l'alliance, l'ouverture

À quelques heures du vote des militants socialistes, ça se bouscule encore aux portillons pour rappeler que Martine Aubry, au cours de sa carrière, n’a pas toujours été contre un rapprochement avec le MoDem. Mais combien sont-ils pour rappeler que certains candidats au poste de Premier secrétaire comptent dans leurs rangs des gens qui ont passé une alliance « contre nature » avec Nicolas Sarkozy ou ont été tenté de le faire ? 


Eté 2007, Jack Lang, aujourd’hui fidèle soutien de Martine Aubry, minaudait. Il hésitait à répondre à l’appel que venait de lui lancer Nicolas Sarkozy : intégrer une commission sur la réforme des institutions. « Je suis honoré et touché, expliquait Jack Lang à l’époque , mais je ne me suis pas engagé et je n'ai donné aucun accord. (…) Cette proposition, je dois y réfléchir et en parler à un certain nombre d'amis proches. » Finalement, lui qui a sans doute appris très jeune que ce n’est pas la girouette qui tourne mais le vent, a accepté l’offre du chef de l’Etat. Un an après, il était l'unique socialiste à voter la fameuse réforme .


A chacun le sien

Martine Aubry n’est pas la seule à faire la course pour la rue de Solférino, un « boulet de l’ouverture » à sa cheville. Ségolène Royal dispose aussi du sien : Manuel Valls. Le député-maire d’Evry a toujours eu à cœur de concilier gauche et pensée libérale (rien à voir avec un certain maire de Paris qui a eu le malheur de vouloir réconcilier socialisme et libéralisme politique...). Et les prises de position de Manuel Valls n’ont jamais été pour déplaire au chef de l’Etat. Quelque temps après son arrivée à l’Elysée, Nicolas Sarkozy lui a d’ailleurs proposé de participer au gouvernement. Manuel Valls ne suivra pas le sens du vent comme son camarade Jack et refusera, sans trop tergiverser, le maroquin. Mais l’homme garde malgré tout un souvenir presque « ému » de sa rencontre avec le président : « Pour la première foisconfie-t-il  , je me suis dit que, contrairement aux apparences, Sarkozy n'était pas juste un homme qui parlait beaucoup, mais quelqu'un qui suivait une vraie stratégie, pensée depuis longtemps. » Manuel Valls, lui, ce qu'il cultive depuis longtemps, c'est sa « liberté de ton ». Une « liberté de ton » qui le pousse parfois à approuver l'action gouvernementale. Une « liberté de ton » qui a même le don d'agacer dans les rangs de sa propre motion...


Et dire que pendant des semaines, ce qui a focalisé toute l’attention, c’est la question d'une alliance avec le MoDem. Certes, elle méritait d'être débattue. Mais pas au point de chasser toutes les autres et notamment la question du rapprochement de certains caciques du PS avec Nicolas Sarkozy. Car avec l’ouverture, le vers est déjà dans le fruit socialiste depuis un moment… 



Le camp du TSS était bien à deux doigts d'une entente avant l'ouverture du Congrès de Reims 

2008-11-19 18:41

Virginie Roels - PARTIS


NaN Mo
Comme nous vous l'annoncions vendredi dernier, Martine Aubry a confirmé qu’il y avait bel et bien eu une entente passée avant l’ouverture du Congrès de Reims, entre Bertrand Delanoë, Benoît Hamon et elle-même.
Comme Marianne2 vous le révélait déjà le 14 novembre dernier, Martine Aubry a confirmé ce matin 19 novembre sur France Inter l'existence d'un texte commun entre elle, Bertrand Delanoë et Benoît Hamon: « Delanoë, Hamon et moi même (…) avons beaucoup de choses en commun et je suis sûre que nous travaillerons ensemble demain. Nous avions deux ou trois points sur lesquels nous étions d’accord ; nous nous sommes retrouvés tout les soirs dans les fédérations, je suis allée défendre mon projet à côté de lui (Benoît Hamon), nous avons eu le temps d’en discuter, et je crois qu’aujourd’hui nous sommes clairs. Nous avions d’ailleurs préparé un texte, avec Bertrand Delanoë, qui règle les problèmes sur lesquels nous avions des incompréhensions. Je pense à la protection que doit apporter l’Europe et je pense à l’augmentation du pouvoir d’achat tel que nous la voulons. Ces débats ont déjà eu lieu entre nous, mais respectons les militants qui doivent choisir jeudi, et ensuite nous parlerons ».
(Cet extrait est écoutable à la 12e minute de l'émission)

Ambiance budget de crise: l'Etat sans ressources 

2008-11-19 14:13

Bernard Maris - LES CHRONIQUEURS ASSOCIÉS


NaN Mo
Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Le budget va être voté aujourd'hui dans un contexte de crise, de grogne sociale, de déficit. L'Etat semble impuissant. Et il l'est. En effet, que faire quand on n'a rien ?
Ambiance budget de crise: l'Etat sans ressources
On vote le budget aujourd’hui dans une ambiance économique plutôt morose... Les bourses ne vont pas très bien, on note une certaine grogne sociale, et le budget sera plus déficitaire que prévu (57 milliards d’euros) en raison de la crise économique.  Que faire? Plafonner les niches fiscales — cela a été voté, ça ramènera un peu moins d’un milliard d’euros dans les caisses sur les 60 milliards que représente l’ensemble de ces niches. Lutter contre la fraude — cela aussi devrait ramener quelques euros à Bercy. Avec une prévision de croissance autour de 0%, l’année qui s’annonce devient difficile...

Echec de la politique fiscale
L’Etat paraît totalement impuissant : que faire quand on n’a rien ? Et quand la politique fiscale que l’on a menée en début de mandat a échoué ou, à tout le moins, a été contrée par une crise financière que personne n’avait vue venir ? Que faire quand on ne peut augmenter le déficit budgétaire qui est défini au niveau européen ? Que faire quand on n’a plus de politique industrielle possible ? Autrefois, quand Renault était publique, on pouvait lui demander de jouer temporairement les locomotives pour tout son réseau de sous-traitants. On pouvait jouer sur les tarifs de l’énergie pour favoriser les entreprises françaises. Désormais, les règles de concurrence européenne interdisent ce type de discrimination.

Ambiance budget de crise: l'Etat sans ressources
Trichet aux commandes
Les marges de manœuvre ne sont pas à trouver du côté de la politique monétaire. Autrefois on pouvait faire marcher la planche à billets, la Banque de France était autorisée à faire des avances au Trésor, ce qui permettait de boucler les déficits budgétaires. On pouvait jouer sur les taux d’intérêts. Favoriser les exportateurs par exemple en les faisant bénéficier de prêts à taux bonifié.

Aujourd’hui, c’est la Banque centrale européenne qui fixe les taux d’intérêts, et pas question pour l’Etat d’en prendre en charge une partie au profit des entreprises, sainte concurrence oblige ! Quand à la création monétaire, la planche à billet, elle est entre les mains de Monsieur Trichet et lui seul a le droit de tourner la manivelle...

Retour en arrière impossible

Ces aspects sont irréversibles. Mondialisation et concurrence obligent. Mais on peut regretter qu’il n’y ait pas de gouvernement économique européen, et que Jean-Claude Juncker (premier ministre du Luxembourg) s’oppose de manière frontale à Nicolas Sarkozy sur ce point.

On a voulu faire une Europe de l’épargne, des fonds de pension, de la monnaie forte, de la finance, et cela a abouti à une faible croissance et à la crise que nous connaissons. On a fait de « l’Antoine Pinay » au niveau de l’Europe. En privilégiant a tout prix la banque et la finance on a favorisé la débâcle. Et voilà que nous, pays européens, nous chamaillons au milieu des décombres... Chacun pour soi et le pire pour tous.

La phrase : « Il est donné à très peu de gens dans ce monde ingrat de faire le bien et en même temps d’être bien » John Maynard Keynes.

Retrouvez les chroniques de Bernard Maris sur France Inter.

Reims: c'est la motion Bayrou qui a gagné 

2008-11-19 12:15

Laurent Pinsolle - LES BLOGUEURS ASSOCIÉS


NaN Mo
Par Laurent Pinsolle. François Bayrou n'est-il qu'un simple conseiller municipal à Pau ? D'après Sarkozy, la réponse est oui. Pourtant, le leader du Modem pourrait largement profiter d'un éventuel éclatement du Parti Socialiste après le congrès de Reims et prendre une sérieuse option pour 2012.
Reims: c'est la motion Bayrou qui a gagné
Il paraît que Nicolas Sarkozy se plaît à parler de François Bayrou comme du conseiller municipal de Pau. Mais devant l’incroyable processus d’autodestruction du Parti Socialiste, il se pourrait bien qu’il soit le principal gagnant du congrès de Reims et se positionne en vue de la prochaine élection présidentielle.

Parti fracturé
Il faut dire que la succession de François Hollande se fait de la pire manière possible : un parti fracturé en quatre motions dont aucune ne dépasse les 30%, des chefs incapables de sacrifier leur ambition à l’intérêt général du parti et des échanges toujours plus aigres entre ceux qui s’appellent pourtant camarades en public.

Rien n’est épargné à de pauvres militants dépassés par tant de haine, qui démontre bien que ce parti n’est plus qu’une franchise électorale que se disputent des ambitieux soucieux de leur carrière. Car c’est bien cette prédominance des ambitions sur les convictions qui explique cette incapacité à se rassembler et à se retenir devant les médias. Pire, aucun des scénarios possibles ne semble devoir mettre fin à cette guerre des tranchées, qui devrait se prolonger jusqu’en 2011.

Coalition
Car même une victoire nette de Martine Aubry dès le premier tour ou au second ne suffira pas à ramener le calme dans le parti, même si cela aura peut-être le mérite de calmer les ardeurs de Ségolène Royal. En effet, sa coalition ne comporte pas moins de quatre candidats possibles à la prochaine présidentielle, sans compter François Hollande : elle, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, et Bertrand Delanoë.

Le ralliement de ce dernier cache simplement une volonté d’éliminer la candidate de 2007 et de faire partie du camp des vainqueurs. Du coup, après le drame de 2008, le PS devra à nouveau subir des primaires sans doute dévastatrices en 2011. Et il est évident que les autres présidentiables ne feront pas de cadeau à une Martine Aubry qu’ils chercheront à éliminer en espérant être en meilleure position qu’elle dans les sondages pour l’élection présidentielle de 2012…

Encore pire, il pourrait bien y avoir une victoire étriquée, que ce soit des partisans de Ségolène Royal ou de ses opposants. Dans le premier cas, il est difficile d’imaginer que le PS reste soudé derrière sa candidate de 2007, tant elle semble haïe. La moindre occasion sera utilisée pour l’abattre, notamment les élections européennes de l’an prochain.

En outre, les règlements de compte entre ses opposants seront sans doute sévères et Martine Aubry sera sans nul doute lapidée par ses alliés d’hier pour sa volonté d’aller jusqu’au bout et ils lui attribueront l’entière responsabilité de l’élection de Ségolène Royal. Mais une élection étriquée de la maire de Lille ne sera guère plus satisfaisante car la présidente de Poitou-Charentes soulignera qu’à elle seule, elle pèse presque autant que tous les éléphants. Et outre, peut-on totalement exclure une initiative en dehors du PS ? Enfin, l’attelage à la tête du PS restera une coalition d’intérêts divergents…

Une chance pour le président du Modem ?

Bref, s’il y a un gagnant dans ce congrès, son nom est clairement François Bayrou. Devant l’image pitoyable que donne le Parti Socialiste depuis deux ans et qu’il donnera sans doute dans les trois prochaines années, il semble plus que probable que les Français préféreront donner sa chance au président du MoDem pour affronter Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle, avec une grande chance de succès.

Après tout, lui se sera consacré à l’opposition au président sortant alors que les socialistes se seront surtout consacrés à s’opposer entre eux… Mais le processus d’autodestruction du Parti Socialiste est si violent que d’autres personnes pourront peut-être émerger : Nicolas Dupont-Aignan s’il réussit un bon score aux élections européennes de juin 2009, voire Dominique de Villepin s’il sort de ses ennuis judiciaires à temps.

Nicolas Sarkozy a bien tort de se moquer du conseiller municipal de Pau. La guerre des chefs du Parti Socialiste lui ouvre grand les portes du second tour pour 2012. Et avec une crise économique dont les conséquences se feront encore sentir, les militants de gauche se feront un plaisir de voter pour lui.

Retrouvez le blog de Laurent Pinsolle.